Pourquoi dit-on « au revoir » ? (et d’où vient cette formule)

Publié le 24/12/25 à 10:45:00
Pourquoi dit-on « au revoir » ? (et d’où vient cette formule)

On le dit plusieurs fois par jour, souvent sans y penser : « au revoir ». C’est une formule simple, presque automatique, qui marque la fin d’une rencontre. Mais pourquoi ces mots-là ? Pourquoi ne dit-on pas simplement « à bientôt » ou « salut » dans tous les cas ? Et surtout, que signifie exactement « au revoir » ?

Derrière cette expression très banale se cache une idée ancienne : celle de se quitter en espérant se revoir, même si ce n’est pas certain. C’est une façon polie de fermer une conversation, tout en laissant la porte ouverte.

Une formule qui veut dire « jusqu’à la prochaine fois »

Pris au pied de la lettre, « au revoir » signifie : « jusqu’au moment où l’on se reverra ». Le mot revoir est composé de re- (à nouveau) et voir (rencontrer, apercevoir, se retrouver).

Autrement dit, dire « au revoir », c’est dire : je pars, mais je te reverrai — ou au moins je te le souhaite. Même quand on n’a aucune certitude, la formule garde ce sens de séparation « douce », moins définitive.

À l’origine : une manière polie de se quitter

Dans la vie sociale, se quitter a toujours été un moment délicat. Une conversation ne s’arrête pas comme on coupe un interrupteur : il faut une « sortie » claire, compréhensible par les deux personnes. Les formules de départ servent justement à éviter un départ brusque ou froid.

« Au revoir » s’inscrit dans cette logique : ce n’est pas seulement un mot, c’est un signal social. Il indique que l’échange est terminé, tout en montrant du respect. La formule permet aussi d’éviter un message trop dur du type « c’est fini » ou « je m’en vais ».

Pourquoi pas « adieu » ? Une différence importante

On confond parfois « au revoir » et « adieu », mais les deux n’ont pas le même poids.

Adieu est une formule plus forte. Historiquement, elle renvoie à l’idée de confier quelqu’un à Dieu, et elle a longtemps été utilisée pour des séparations longues, incertaines ou définitives. Même si le mot est encore employé, il garde souvent une nuance de rupture : on ne s’attend pas forcément à se revoir.

Au revoir, au contraire, est devenu la formule « normale » du quotidien, justement parce qu’elle reste légère et ouverte : elle suppose une continuité possible.

Comment « au revoir » est devenu la formule standard

Au fil du temps, la langue a gardé plusieurs façons de se quitter, mais « au revoir » s’est imposé parce qu’il fonctionne dans presque toutes les situations :

  • En contexte formel : il reste poli, neutre et respectueux.
  • En contexte courant : il est simple et compris par tout le monde.
  • Quand on ne sait pas quoi dire : il évite de choisir entre « à bientôt », « à demain » ou « à plus tard ».

Il a aussi un avantage : il ne promet rien. Dire « à bientôt » suppose que la rencontre est proche. Dire « à demain » suppose une certitude. « Au revoir », lui, convient même si l’on n’a aucune idée de la prochaine fois.

Une expression qui s’adapte à la distance et au degré de familiarité

Dans la vie quotidienne, on ajuste souvent la formule de départ selon la relation :

  • Avec des proches : « salut », « à plus », « à tout à l’heure ».
  • Avec des inconnus ou dans un cadre professionnel : « au revoir », « bonne journée », « à bientôt » (si c’est approprié).
  • Dans une situation plus solennelle : « adieu » peut réapparaître, mais c’est plus rare.

« Au revoir » reste la solution la plus « passe-partout » : ni trop familière, ni trop distante. C’est aussi pour cela qu’elle est si stable dans le temps.

Pourquoi on l’utilise encore aujourd’hui, même quand on ne se reverra pas

Il arrive qu’on dise « au revoir » à quelqu’un qu’on ne reverra probablement jamais : un touriste croisé une fois, un vendeur, une personne rencontrée brièvement. Pourtant, la formule continue d’être utilisée.

Ce n’est pas une erreur : dans la pratique, « au revoir » est devenu un code de politesse plus qu’une promesse. Il signifie surtout :

  • « notre échange se termine » ;
  • « je te quitte sans conflit » ;
  • « je te respecte ».

La langue fonctionne souvent comme ça : des mots gardent leur sens d’origine, mais prennent aussi un rôle social. « Au revoir » est à la fois une idée (se revoir) et un rituel (se quitter correctement).

Les petites variantes : « revoir », « au plaisir », « à la prochaine »

On rencontre parfois des variantes plus courtes ou plus marquées :

  • « Revoir » : version abrégée, souvent familière, qui garde l’idée de se revoir.
  • « Au plaisir » : formule polie qui insiste sur le côté agréable d’une future rencontre, souvent dans un cadre professionnel ou cordial.
  • « À la prochaine » : plus familier, suppose une suite, sans préciser quand.

Mais aucune ne remplace totalement « au revoir », parce qu’elles sont plus situées : plus familières, plus chaleureuses, ou plus spécifiques. « Au revoir » reste le point d’équilibre.

Conclusion : un adieu qui n’en est pas un

Dire « au revoir », c’est quitter quelqu’un sans fermer la porte. À l’origine, la formule exprime l’idée simple de se revoir. Avec le temps, elle est devenue la manière la plus neutre et la plus pratique de terminer une interaction.

Même quand on ne se reverra pas, « au revoir » sert à partir proprement, sans brusquerie. C’est une petite phrase du quotidien, mais elle joue un grand rôle : elle rend les séparations plus faciles.