Pourquoi dit-on « OK » partout dans le monde ?

Deux lettres. Une prononciation simple. Et un mot compris presque partout : OK. On l’utilise pour dire « d’accord », « ça marche », « c’est bon », parfois même « je vais bien ». Ce qui surprend, c’est que ce petit mot est devenu universel sans être vraiment “traduit”. Alors d’où vient-il, et comment a-t-il conquis la planète ?
Un mot né d’une blague… devenue sérieuse
L’origine la plus acceptée de « OK » remonte au XIXe siècle, aux États-Unis. À l’époque, une mode amusante circule dans certains journaux : écrire volontairement des fautes ou des abréviations humoristiques.
Dans ce contexte apparaît l’expression « oll korrect », une façon volontairement mal orthographiée de dire « all correct » (« tout est correct »). Et comme on le faisait souvent, on l’abrège : O.K.
Au départ, c’est un clin d’œil. Mais le mot est court, pratique, et il finit par sortir du registre de la plaisanterie.
Le coup de pouce décisif : la politique
Un détail a aidé « OK » à se répandre très vite : une campagne politique. Un candidat à la présidence, Martin Van Buren, était surnommé « Old Kinderhook » (d’après sa ville d’origine). Ses partisans ont utilisé les initiales O.K. sur des affiches et des slogans.
Résultat : le sigle devient visible partout, commenté, repris, détourné. Même les opposants s’en servent, ce qui le rend encore plus célèbre. Et quand un mot circule dans les journaux, les réunions et les discussions, il s’installe vite dans la langue.
Pourquoi « OK » est si facile à adopter
Beaucoup de mots restent locaux. « OK », lui, a des qualités qui le rendent “exportable” :
- Il est court : deux lettres, une syllabe.
- Il est simple à prononcer dans de nombreuses langues.
- Il est très utile : il sert à valider, approuver, confirmer.
- Il est neutre : ni trop formel, ni trop familier dans beaucoup de contextes.
En plus, « OK » peut se dire à l’oral, s’écrire vite, et même se comprendre sans explication dans une conversation.
Comment « OK » est devenu mondial
Une fois installé en anglais, « OK » a voyagé avec la communication moderne : échanges commerciaux, presse, publicité, films, chansons, puis technologies (téléphones, ordinateurs, interfaces).
Sur de nombreux appareils et logiciels, on retrouve un bouton « OK » pour confirmer une action. Cette présence répétée a renforcé l’habitude : même sans parler anglais, on apprend très tôt ce que veut dire « OK »… en l’utilisant.
Un mot, plusieurs sens selon le contexte
Ce qui rend « OK » encore plus puissant, c’est qu’il s’adapte. Selon la situation, il peut vouloir dire :
- « Oui, d’accord » : « OK, on y va. »
- « C’est acceptable » : « Le résultat est OK. »
- « Tout va bien » : « Ça va ? — OK. »
- « J’ai compris » : « OK, je vois. »
Parfois, l’intonation change tout : un « OK » enthousiaste n’a pas le même sens qu’un « OK » sec ou hésitant.
Une anecdote : « OK » n’est pas la seule explication proposée
Au fil du temps, d’autres origines ont été racontées : des liens avec des langues étrangères, des expressions militaires, ou des initiales mystérieuses. Beaucoup de ces histoires sont séduisantes, mais elles ne sont pas aussi bien appuyées par des traces écrites.
Ce qui fait la force de l’explication « oll korrect », c’est qu’on retrouve des usages très anciens dans la presse, et qu’ils correspondent bien à la mode des abréviations humoristiques de l’époque.
À retenir
« OK » est probablement né d’une blague d’écriture (« oll korrect »), puis a explosé grâce à sa visibilité et à sa simplicité. Court, pratique et universel, il s’est imposé comme un mot de confirmation compris presque partout. Deux lettres qui disent, en résumé : tout est bon.

