Pourquoi l’électricité statique fait-elle de petites décharges quand on touche une poignée de porte ?

Publié le 22/12/25 à 13:55:47
Pourquoi l’électricité statique fait-elle de petites décharges quand on touche une poignée de porte ?

Vous marchez, vous attrapez une poignée de porte… et “tic” : une petite décharge parfois surprenante, parfois douloureuse. Ce phénomène très courant s’appelle l’électricité statique. Il ne vient pas de la prise électrique, mais d’un déséquilibre de charges qui s’est créé sur votre corps, puis s’est “vidé” d’un coup au contact du métal.

Une histoire de charges électriques qui s’accumulent

Tout est fait d’atomes, et dans chaque atome il y a des charges : des électrons (charge négative) et des protons (charge positive). En temps normal, un objet a autant de charges positives que négatives : il est globalement neutre.

Mais certains frottements peuvent faire passer des électrons d’un matériau à un autre. Résultat : votre corps peut se retrouver avec un petit excès d’électrons (ou au contraire un manque). C’est ce qu’on appelle une charge statique : elle reste “bloquée” un moment au lieu de circuler.

Pourquoi ça arrive surtout après avoir marché ?

Le cas classique, c’est la marche sur un sol (moquette, tapis, certains revêtements) avec des chaussures isolantes. À chaque pas, il y a de minuscules contacts et séparations entre :

  • la semelle et le sol,
  • vos vêtements qui frottent entre eux,
  • votre corps et l’air ambiant.

Ces micro-frottements peuvent transférer des électrons. Si vos chaussures et le sol vous isolent bien, la charge ne s’évacue pas et s’accumule progressivement sur vous, un peu comme si vous “chargiez” un petit réservoir invisible.

Pourquoi la décharge se fait sur une poignée (et souvent en métal) ?

Une poignée de porte en métal est un bon conducteur : les charges s’y déplacent facilement. Votre corps, lui, peut être chargé. Quand vous approchez votre doigt du métal, la différence de charge entre vous et la poignée crée une forte “envie” d’équilibrer la situation.

À une distance très petite, l’air entre votre doigt et la poignée ne tient plus : il devient brièvement conducteur. Une étincelle minuscule se produit, et la charge se déplace d’un coup. C’est cette décharge rapide qui provoque :

  • la sensation de picotement ou de petite douleur,
  • parfois un petit bruit sec,
  • parfois une étincelle visible dans l’obscurité.

Pourquoi c’est plus fréquent quand l’air est sec ?

L’humidité joue un rôle important. Quand l’air est humide, une fine pellicule d’eau se dépose plus facilement sur les surfaces (peau, objets, sols). Cette humidité aide les charges à se dissiper doucement au lieu de s’accumuler.

Quand l’air est sec, au contraire, les charges restent plus facilement “piégées”. On se charge donc davantage, et la décharge finale est plus probable… et souvent plus marquée.

Pourquoi ça fait mal alors que ce n’est “pas dangereux” ?

Ce qui surprend, c’est que la décharge peut avoir une tension très élevée (parfois plusieurs milliers de volts), mais avec une quantité d’électricité très faible et un temps très court. C’est un peu comme une minuscule piqûre : très brève, mais nette.

Dans la vie courante, ces décharges statiques sont généralement sans danger pour le corps. Elles peuvent surtout être gênantes, et parfois problématiques pour certains appareils très sensibles (par exemple des composants électroniques), mais pas parce qu’elles “viennent du secteur”.

Deux faits étonnants à retenir

  • Vous pouvez être très chargé sans le sentir. Tant que la charge ne se décharge pas, vous ne remarquez rien. C’est le contact (ou la proximité) avec un conducteur qui déclenche l’effet.
  • L’étincelle traverse l’air. Même sans toucher franchement la poignée, la décharge peut se produire au dernier millimètre, quand l’air “cède” et laisse passer les charges.

Comment réduire ces petites décharges au quotidien ?

On ne peut pas toujours les éviter, mais quelques gestes simples peuvent aider :

  • Augmenter l’humidité de l’air intérieur (un air moins sec limite l’accumulation).
  • Changer de semelles ou de chaussures si vous êtes souvent sur moquette (certaines isolent plus que d’autres).
  • Toucher d’abord le métal avec un objet (par exemple une clé) : la décharge se fait sur l’objet et est souvent moins ressentie.
  • Éviter certains tissus très “électrisants” en superposition (selon les vêtements, l’effet est plus ou moins marqué).

Conclusion : un rééquilibrage instantané

La petite décharge sur une poignée de porte vient d’un mécanisme simple : des frottements vous chargent en électricité statique, l’air sec favorise l’accumulation, puis le métal permet un rééquilibrage instantané sous forme de micro-étincelle. En quelques millisecondes, tout redevient neutre… jusqu’à la prochaine fois.