Pourquoi les feux tricolores sont-ils rouges, orange et verts ?

Tout le monde sait qu’un feu rouge impose l’arrêt, que le vert autorise à passer et que l’orange demande de ralentir ou de s’arrêter si possible. Mais pourquoi ces trois couleurs-là, et pas d’autres ? La réponse mélange une logique très simple (être vu et compris vite) et une histoire plus ancienne que l’automobile.
Un objet du quotidien fait pour être compris en une seconde
Un feu tricolore est un objet de sécurité. Son rôle n’est pas de “décorer” la route, mais de donner une instruction claire, identique pour tout le monde, même à distance et même dans de mauvaises conditions (pluie, brouillard, nuit, soleil rasant).
Pour que ça fonctionne, il faut :
- des signaux visibles de loin ;
- des couleurs faciles à distinguer ;
- un code simple, appris une fois et retenu pour toujours ;
- un système standard, identique d’une ville à l’autre.
Avant les voitures : l’héritage des chemins de fer
Les feux tricolores n’ont pas été inventés “à partir de zéro” pour les voitures. Bien avant la circulation automobile, les chemins de fer utilisaient déjà des signaux lumineux et des codes couleur pour organiser les trajets et éviter les collisions.
Cette idée est devenue une référence : si un code marche pour des trains (qui ont une grande distance de freinage et des enjeux de sécurité élevés), il peut aussi marcher pour la route. Quand la circulation s’est densifiée, il a été logique de reprendre un système déjà connu et éprouvé.
Pourquoi le rouge signifie “stop”
Le rouge s’est imposé pour l’arrêt pour plusieurs raisons pratiques :
- Il attire l’attention : le rouge est une couleur “forte” qui ressort bien dans de nombreux environnements.
- Il est associé au danger : bien avant les feux, le rouge était déjà utilisé pour signaler un risque, une interdiction ou un avertissement (panneaux, signaux, marquages).
- Il se distingue bien des autres : dans un code à trois états, il fallait une couleur immédiatement identifiable comme la plus “contraignante”.
En résumé, le rouge n’a pas été choisi pour être joli, mais parce qu’il fonctionne bien comme signal d’arrêt clair et rapide à comprendre.
Pourquoi le vert signifie “vous pouvez y aller”
Si le rouge dit “stop”, il faut une couleur qui dise l’inverse : “la voie est libre”. Le vert a été retenu car il est généralement perçu comme plus apaisant et parce qu’il se distingue nettement du rouge.
Dans un système simple, l’idée est d’avoir deux extrêmes faciles à opposer :
- Rouge : on bloque le mouvement.
- Vert : on autorise le mouvement.
Le vert est aussi une couleur qui reste bien visible la nuit, ce qui compte pour un objet censé fonctionner en continu.
Pourquoi l’orange (ou jaune) sert de transition
Entre “stop” et “go”, il manque une information essentielle : le changement est imminent. C’est le rôle de l’orange (souvent appelé jaune dans les textes) : prévenir que le feu va passer au rouge (ou au vert selon les pays et les configurations).
Cette couleur est utile parce qu’elle :
- attire l’œil sans être confondue avec le rouge ;
- signale l’attention : on doit se préparer à adapter sa conduite ;
- réduit les accidents liés aux changements brusques de priorité.
Sans cette phase intermédiaire, beaucoup de conducteurs seraient surpris par un passage direct du vert au rouge, surtout à vitesse élevée.
Pourquoi ces trois couleurs sont placées dans cet ordre
La plupart des feux tricolores suivent un ordre vertical : rouge en haut, orange au milieu, vert en bas (ou horizontal avec un ordre cohérent). Ce n’est pas seulement une habitude : c’est un moyen de garder un repère même si la visibilité est imparfaite.
L’ordre fixe permet de reconnaître le message :
- même si une lumière est éblouissante ;
- même si on voit mal la couleur ;
- même si le feu est partiellement masqué.
Autrement dit, on ne lit pas uniquement la couleur : on lit aussi la position.
Et les personnes daltoniennes ?
Tout le monde ne distingue pas les couleurs de la même façon, et le rouge/vert peut poser problème à certaines personnes. C’est une des raisons pour lesquelles :
- la position des lumières est standardisée (haut = rouge, bas = vert) ;
- la luminosité et la forme du “halo” aident aussi à reconnaître le signal ;
- les règles de conduite s’appuient sur un code constant et répété partout.
Le feu tricolore ne dépend donc pas uniquement de la perception exacte de la couleur : il combine couleur, emplacement et contexte.
Comment le feu tricolore a évolué
Au fil du temps, le principe est resté le même, mais l’objet a changé :
- meilleure visibilité : lentilles, visières et réglages pour limiter l’éblouissement du soleil ;
- ampoules puis LED : consommation plus faible et meilleure durée de vie ;
- timings adaptés : durées variables selon la circulation, parfois avec capteurs ;
- signaux pour piétons : pictogrammes et compteurs dans certains carrefours.
Malgré ces améliorations, le code rouge-orange-vert reste un standard, car il est simple, universel et déjà appris par des milliards de personnes.
À retenir
Les feux tricolores utilisent le rouge, l’orange et le vert parce que ces couleurs offrent un code clair, visible et rapide à comprendre. Le rouge s’est imposé comme signal d’arrêt, le vert comme autorisation de passer, et l’orange comme transition pour prévenir du changement. Et pour que le message reste lisible même quand la couleur est mal perçue, l’ordre et la position des lumières sont standardisés.

