Pourquoi une canette fait “pschitt” quand on l’ouvre ?

Quand on ouvre une canette de soda ou d’eau gazeuse, on entend souvent un “pschitt” et on voit parfois un petit nuage blanc. Ce bruit et cet effet visuel viennent surtout du dioxyde de carbone (CO₂) dissous dans la boisson, maintenu sous pression tant que la canette est fermée.
La boisson contient du gaz… dissous
Dans une boisson gazeuse, le CO₂ n’est pas seulement “dans les bulles” : il est en grande partie dissous dans le liquide, un peu comme du sucre peut se dissoudre dans l’eau. Plus la pression est élevée, plus le liquide peut garder de CO₂ dissous.
À l’intérieur d’une canette fermée, la pression est plus forte que dans l’air ambiant. Cette pression “force” le CO₂ à rester dans la boisson et limite la formation de bulles.
À l’ouverture, la pression chute d’un coup
Quand on soulève l’opercule, on met brutalement l’intérieur de la canette en contact avec l’air extérieur, à une pression beaucoup plus faible. Le CO₂ dissous devient alors “trop” présent pour cette nouvelle pression.
Résultat : une partie du gaz quitte rapidement le liquide pour redevenir du gaz libre. Cette libération rapide est à l’origine du “pschitt”.
Le bruit vient d’un jet de gaz
Le “pschitt” est un son produit par un écoulement rapide : le gaz sous pression s’échappe par une petite ouverture, ce qui crée des turbulences (un flux désordonné) et des vibrations de l’air. Plus la boisson est gazeuse et plus la différence de pression est marquée, plus le bruit peut être net.
Pourquoi voit-on parfois un petit nuage blanc ?
Juste à l’ouverture, le gaz qui s’échappe se détend très vite. Cette détente peut refroidir localement l’air et la vapeur d’eau autour de l’ouverture. Une partie de cette vapeur se condense en minuscules gouttelettes : cela forme un bref nuage blanchâtre.
Ce nuage n’est pas de la “fumée” : ce sont surtout de fines gouttes d’eau en suspension (parfois mélangées à de minuscules gouttelettes de boisson).
Pourquoi ça mousse parfois davantage ?
Après l’ouverture, le CO₂ cherche à s’échapper sous forme de bulles. Il a besoin de “points de départ” pour former ces bulles, appelés sites de nucléation : petites aspérités, microbulles déjà présentes, ou particules.
Une canette secouée contient beaucoup de petites bulles déjà formées : à l’ouverture, elles grossissent d’un coup et peuvent pousser la boisson vers l’extérieur.
Un liquide plus chaud garde moins bien le CO₂ dissous : il dégaze plus facilement, donc il mousse plus.
Des rayures, des impuretés ou des fibres (sur un verre, par exemple) favorisent la formation de bulles et peuvent augmenter la mousse.
À retenir en une phrase
Une canette fait “pschitt” parce qu’en l’ouvrant, la pression chute brusquement, le CO₂ dissous s’échappe rapidement sous forme de gaz, et ce jet de gaz produit le bruit (et parfois un petit nuage de condensation).

