Pourquoi dit-on « bon appétit » ? (et d’où vient cette formule)

Publié le 03/01/26 à 09:01:00
Pourquoi dit-on « bon appétit » ? (et d’où vient cette formule)

Avant de commencer un repas, beaucoup de personnes lancent un simple « bon appétit ». La phrase paraît évidente, presque automatique. Pourtant, elle cache une idée ancienne : souhaiter que le moment du repas se passe bien, que la nourriture fasse du bien, et que chacun se sente à l’aise à table. D’où vient cette habitude, et pourquoi existe-t-elle encore aujourd’hui ?

À quoi sert « bon appétit » au quotidien ?

Dans la vie courante, « bon appétit » sert surtout à ouvrir le repas. C’est une formule courte qui crée un petit lien entre les personnes présentes.

Elle peut vouloir dire plusieurs choses simples à la fois :

  • Souhaiter un bon moment : le repas n’est pas seulement “manger”, c’est souvent un temps de pause et de partage.
  • Montrer de la politesse : on reconnaît les autres et on marque une attention.
  • Donner un signal : on peut commencer, on passe à table, on se sert.

Dit autrement, ce n’est pas une phrase “technique”. C’est un petit rituel social qui rend le repas plus chaleureux et plus clair.

Le sens original : souhaiter un bon “appétit”

Le mot appétit désigne d’abord le désir de manger. Souhaiter “bon appétit”, c’est donc souhaiter que la personne ait de l’appétit, qu’elle prenne plaisir à manger, et que le repas lui fasse du bien.

Cette idée est ancienne : dans beaucoup de cultures, on associe la nourriture à la santé, à l’énergie et au bien-être. Souhaiter que quelqu’un “mange bien” revient, au fond, à lui souhaiter que tout aille bien.

La formule est aussi liée à une réalité simple : pendant longtemps, bien manger n’allait pas forcément de soi. Un repas correct, partagé, pouvait être un moment important. Dire « bon appétit » donnait de la valeur à ce moment.

Une habitude née de la table… et de la vie en groupe

Les repas ont longtemps été des moments très codés : on s’assoit, on sert, on attend, on commence ensemble. Dans ce cadre, une formule comme « bon appétit » joue un rôle pratique : elle aide à synchroniser le groupe.

Quand plusieurs personnes mangent ensemble, il y a souvent une petite hésitation : commence-t-on tout de suite ? attend-on tout le monde ? qui donne le départ ? Dire « bon appétit » permet de régler ça en une seconde, sans discussion.

La formule sert aussi à maintenir une ambiance agréable. Elle évite le silence “gênant” du début du repas et pose un cadre simple : on est là pour manger, mais aussi pour passer un bon moment.

Pourquoi certains trouvent la formule « étrange » ?

Il arrive que des personnes trouvent « bon appétit » un peu bizarre, comme si l’on commentait l’acte de manger. Cette réaction vient souvent d’une idée : l’appétit ne se commande pas, donc “souhaiter” un appétit peut paraître inutile.

Mais dans la pratique, la formule ne cherche pas à contrôler l’appétit. Elle fonctionne comme beaucoup de petites phrases de politesse : on ne les dit pas parce qu’elles sont indispensables, mais parce qu’elles facilitent la relation.

De la même façon qu’on souhaite “bonne journée” sans savoir exactement comment la journée va se passer, on dit “bon appétit” pour marquer une attention positive au bon moment.

Comment la formule a évolué avec le temps

Au fil du temps, « bon appétit » est devenu une formule très flexible. Elle ne sert plus seulement au début d’un repas formel. On la dit :

  • au restaurant, au moment où les plats arrivent ;
  • à la maison, avant de commencer ;
  • au travail, quand un collègue ouvre sa lunch box ;
  • même à distance, par message, si quelqu’un parle de son repas.

Le sens s’est donc élargi : ce n’est plus uniquement “avoir faim”, c’est aussi “profiter de ce que tu manges” et “passe un bon moment”.

La formule peut aussi devenir un simple réflexe de convivialité, sans qu’on y pense. C’est justement le signe qu’elle est bien installée dans les habitudes.

Pourquoi dit-on encore « bon appétit » aujourd’hui ?

Si la formule reste si courante, c’est parce qu’elle répond à des besoins très simples et très actuels :

  • Créer du lien rapidement : une phrase courte suffit à montrer de l’attention.
  • Rendre un moment banal plus humain : manger est quotidien, mais le repas peut devenir un vrai moment de pause.
  • Faciliter la vie en groupe : on marque le début, on évite l’hésitation, on met tout le monde à l’aise.
  • Valoriser la nourriture : même un repas simple mérite un minimum de considération.

Dans un monde où l’on mange parfois vite, parfois seul, « bon appétit » rappelle que le repas n’est pas uniquement fonctionnel. C’est aussi un moment social, même bref.

Faut-il le dire dans toutes les situations ?

« Bon appétit » n’est pas une obligation. C’est une formule de politesse, donc elle dépend du contexte. En général, elle passe bien quand :

  • on partage un repas ou une table ;
  • on sert un plat à quelqu’un ;
  • on rejoint des personnes qui s’apprêtent à manger.

Dans d’autres cas, on peut simplement sourire, dire « bonne dégustation » (plus rare) ou ne rien dire du tout. L’essentiel est la même idée : respecter le moment et les personnes.

À retenir

Dire « bon appétit », c’est une façon simple de souhaiter que le repas se passe bien. La formule vient d’une idée directe : manger est important, et partager un repas mérite une attention. Avec le temps, elle est devenue un petit rituel social qui sert à la fois à être poli, à créer du lien et à donner le signal du début du repas. Une phrase courte, mais très utile dans la vie de tous les jours.