Pourquoi dit-on « bonjour » (et d’où vient cette habitude) ?

Dire « bonjour » paraît évident. On le fait en entrant dans une boutique, en croisant un voisin, en commençant un appel. Pourtant, ce petit mot est une vraie règle sociale : il ouvre la conversation, signale qu’on a vu l’autre, et évite une gêne immédiate. Mais d’où vient cette habitude, et pourquoi est-elle encore si importante aujourd’hui ?
Une formule pour annoncer des intentions pacifiques
À l’origine, saluer sert surtout à montrer qu’on n’est pas une menace. Quand deux personnes se rencontrent, il peut y avoir une incertitude : qui est l’autre, que veut-il, comment va se passer l’échange ? Une salutation réduit ce doute.
Dans beaucoup de cultures, les gestes de salut ont longtemps eu une fonction très concrète : faire voir ses mains vides, baisser légèrement la tête, s’arrêter à distance raisonnable. Ce sont des signaux simples qui disent : « je viens en paix » et « je reconnais ta présence ».
Avec le temps, ces signaux se sont transformés en mots et en formules. Le principe reste le même : on « ouvre » la rencontre de façon claire, avant de parler d’autre chose.
Le sens de « bonjour » : souhaiter du bien, pas juste dire “salut”
« Bonjour » n’est pas seulement un son pratique pour commencer une phrase. C’est une formule de souhait : on souhaite à l’autre une « bonne journée ». Même si on n’y pense plus, l’idée est là.
Dans de nombreuses langues, les salutations sont liées au moment de la journée (« bonjour », « bonsoir ») ou à un souhait (« que tout se passe bien », « paix », « santé »). Cela montre que saluer a longtemps été associé à une forme de bienveillance minimale, même entre inconnus.
Cette dimension de souhait explique aussi pourquoi « bonjour » peut paraître plus “poli” qu’un simple « salut » : il porte une intention positive, même très légère.
Comment la salutation est devenue une règle de politesse
Au fil du temps, les sociétés ont codifié les manières de se comporter en public. Saluer est devenu un marqueur de respect : on montre qu’on reconnaît l’autre comme une personne, et qu’on accepte le cadre de l’échange.
Dans la vie quotidienne, ce code est très utile :
- Il évite l’impression d’ignorance : ne pas saluer peut être interprété comme « je ne te considère pas ».
- Il rend l’échange plus simple : une fois le « bonjour » dit, la conversation peut commencer.
- Il fixe un ton : on annonce un minimum de cordialité, même si l’échange est bref.
Petit à petit, « dire bonjour » est devenu un réflexe social appris très tôt, parce qu’il facilite la vie en groupe.
Pourquoi un simple “bonjour” change l’ambiance
La salutation est un signal. Elle dit : « je t’ai vu » et « je suis prêt à interagir ». Sans elle, l’autre peut rester dans le doute : est-ce un oubli, un refus, une mauvaise humeur, ou juste de la distraction ?
Dire « bonjour » sert donc aussi à éviter les interprétations négatives. C’est une manière rapide de rendre la situation claire, surtout avec des personnes qu’on connaît peu : collègues, voisins, commerçants, parents d’élèves, etc.
Dans les lieux publics, cette clarté est précieuse : elle rend les contacts plus fluides et limite les tensions.
De la poignée de main aux messages : une habitude qui s’adapte
Les formes de salut changent, mais l’idée reste. On peut saluer avec une poignée de main, un signe de tête, un sourire, un « bonjour », un « coucou », ou même un message écrit.
Quand la communication s’est déplacée vers le téléphone puis vers les messages, la salutation a suivi. Beaucoup de personnes commencent un SMS ou un e-mail par « bonjour » même si le contenu est très court. Ce n’est pas seulement une habitude : c’est une façon de recréer l’ouverture de la rencontre, comme si l’on entrait dans une pièce.
Dans les échanges écrits, « bonjour » joue souvent un rôle supplémentaire : il adoucit la demande et montre que l’on respecte l’autre, même à distance.
Pourquoi on continue à dire bonjour aujourd’hui
On pourrait imaginer qu’avec la vie moderne, on a moins besoin de ces formules. Pourtant, elles restent très présentes, pour des raisons simples :
- Parce que c’est un “outil social” rapide : un mot suffit pour rendre la situation confortable.
- Parce que cela crée du lien : même bref, un bonjour peut transformer une interaction froide en interaction humaine.
- Parce que c’est une norme partagée : comme beaucoup de règles de politesse, elle fonctionne parce que la plupart des gens l’attendent.
- Parce que c’est adaptable : on peut dire bonjour de mille façons selon le contexte (formel, familier, professionnel).
Autrement dit, la salutation survit parce qu’elle reste efficace : elle évite des frictions et rend les échanges plus simples.
Et quand on ne dit pas bonjour ?
Ne pas saluer n’a pas toujours la même signification. Cela peut être un oubli, de la timidité, de la fatigue, ou un contexte où l’on ne sait pas quelle formule utiliser. Mais comme « bonjour » est une norme, l’absence de salutation peut facilement être interprétée comme un manque de respect.
C’est aussi pour cela que « bonjour » est si stable : c’est une solution courte et sûre, qui réduit les malentendus.
Conclusion : un petit mot qui sécurise la rencontre
Dire « bonjour » vient d’un besoin très ancien : rendre une rencontre plus sûre et plus claire. Avec le temps, cette pratique est devenue une règle de politesse, puis un réflexe. Aujourd’hui encore, « bonjour » sert à reconnaître l’autre, à ouvrir l’échange et à installer une ambiance simple et apaisée. Un mot banal, mais un outil social très efficace.

